les neuromythes

Neuromythe, ce mot un peu barbare ne vous dit peut être rien, mais il fait pourtant partie de notre quotidien. Les neuromythes, ce sont toutes ces croyances infondées (ou plutôt carrément fausses) sur le fonctionnement du cerveau humain. Elles sont parfois tenaces et ne permettent pas une bonne évolution de nos enseignements. Il existe aussi des phénomènes de mode parfois liés à des intérêts commerciaux. L’important est de se faire une « culture » des neurosciences et des sciences de l’éducation afin d’être attentifs aux évolutions des connaissances liées à l’étude du cerveau et à l’enseignement.

Des exemples:

Des mythes sur les capacités extraordinaires du cerveau: le film Lucy est basé sur ces croyances qu’un jour nous pourrons agir sur la matière, le temps et l’espace avec notre cerveau.

1.l’effet Mozart: 

« En 1998, l’État de Floride adopte une loi pour que les écoles maternelles diffusent de la musique classique aux enfants. La même année, après avoir lu que l’écoute de la musique de Mozart peut augmenter le QI, le gouverneur de la Géorgie demande 105 000 $ pour la production et la distribution de musique classique aux nouvelles mères afin qu’elles la fassent écouter à leurs enfants. Les sénateurs votent d’ailleurs en faveur de cette proposition. » (1). Mais il est certain qu’écouter de la musique ne fait pas de mal au cerveau.

2. Les styles d’apprentissage

Les recherche en neurosciences n’ont pas encore réussi à démontrer qu’il existe des styles d’apprentissage propres à chaque individu (auditif, visuel, kinésthésique). Aucun neuroscientifique ne peut affirmer que les apprentissages seront plus profonds et plus durables si un enseignant enseigne exclusivement en fonction du style d’apprentissage. Mais nous pouvons en conclure que varier les supports dans nos pratiques est souhaitable.

3. Le cerveau gauche et le cerveau droit

Les chercheurs en neurosciences n’ont jamais réussi à démontrer qu’une personne pourrait être « plutôt cerveau gauche ou plutôt cerveau droit ». Une personne n’est jamais totalement logique et analytique OU totalement créative et divergente.

4. La Brain Gym

La Brain Gym consiste en des exercices de coordination pour optimiser le développement du cerveau. Selon Steeve Masson, il n’existe pas de données empiriques solides qui démontreraient les effets de ses mouvements sur la reconnexion des deux hémisphères. Les principes à la base de la Brain Gym ont été invalidés par la science.

5. Nous utilisons 10% du cerveau humain. Ce qui est faux. En effet, une seule petite lésion dans notre cerveau provoque des incapacités invalidantes. Plusieurs sites mentionnent que c’est une fantaisie qui a engendré de fortes croyances. Mais il est évident que ne pas stimuler notre cerveau peut nous conduire à une vision, une représentation plus simpliste du monde.

6. Une intervention pédagogique basée sur le cerveau est nécessairement une bonne intervention. En revanche, ne pas s’intéresser aux neurosciences ne permet pas à l’enseignant de mesurer l’impact de son enseignement sur les élèves.

7. « Les environnements enrichis » Dans le même ordre d’idées, un autre neuromythe laisse entendre qu’il faudrait proposer des environnements enrichis aux enfants dès leur plus jeune âge pour favoriser leur croissance synaptique (synaptogénèse). Mais certains enfants qui évoluent dans un environnement riche seront peut-être plus sensibles à ces stimulis extérieurs.

8. les catégories convergente, divergente, accomodante, assimilante ne sont pas à plaquer une fois pour toutes à l’apprenant qui peut être soit l’une ou l’autre selon le cas de figure des apprentissages.

Comment séparer le bon grain de l’ivraie  :

  • « Concentrer l’application des sciences cognitives aux seuls champs pour lesquels le consensus de la communauté scientifique est large et solide. C’est par exemple le cas du fonctionnement des mémoires pour lesquels des milliers d’études ont été réalisées par les meilleurs spécialistes depuis des décennies. Ne pas s’aventurer aveuglément dans des domaines où la connaissance est encore fragile.
  • Etre exigeant sur la rigueur des connaissances manipulées. S’informer, confirmer, corréler. Ne pas utiliser ou véhiculer des connaissances non fondées, voire erronées : les neuromythes !
  • Etre convaincu de la modestie, mais de la force des apports des sciences cognitives. Il ne s’agit ni de miracles, ni de panacée, ni de révolution. La nature humaine et le cerveau sont trop complexes pour cela. Mais le changement devient irréversible, il n’est plus raisonnable de « marcher à côté de la nature » ! » (2)
  • Il est important de se sensibiliser aux neurosciences mais en s’aventurant dans cette quête, il est souhaitable de garder une juste distance avec les nouvelles informations qui circulent et faire preuve de bon sens également. Par exemple l’information selon laquelle boire trop d’eau provoque le rétrécissement du cerveau laisse songeur … Il faut adopter une attitude critique mais très ouverte. Les articles postés sur ce blog ont pour but de sensibiliser les enseignants aux neurosciences grâce auxquelles le métier d’enseignant s’enrichit mais pas de créer des chapelles.

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