Le tapis dans l’art d’hier et d’aujourd’hui …

Le tapis a joué un rôle important dans l’histoire de l’art. A la Renaissance, figuré dans les panneaux, ils incarnent la préfiguration de l’image peinte en trompe-l’oeil. La genèse de l’image est bien souvent relatée par la cohabitation des tapis avec la scène rendue de manière illusionniste.

Van Eyck en est un exemple. Dans la Vierge au Chanoine Van des Paele, de 1436, le tapis est au sol. Il épouse les reliefs des marches. Orné de figures géométriques il rappelle l’importance de cette partie des mathématiques dans la construction du tableau.

Francesco Noletti, ou encore Francesco Fieravino dit Il Maltese, né vers 1611 probablement à La Valette et mort en 1654 à Rome, est un peintre italien. Il propose cette nature morte au tapis très originale où celui-ci devient le sujet du tableau.

Le relief du tapis en général présenté à plat est saisissant.

Francesco Noletti (Malte 1611 – Rome 1654), un autre tapis :

Le tapis pourrait bien être l’ancêtre de la peinture abstraite !

Joseph Ducq en 1820–1829, dans Antonello de Messine dans l’atelier de Jean Van Eyck reprend la formule bien observée chez son maître.

Il est intéressant de voir dans cette toile la mise en abîme d’images : le sol est un simple quadrillage noir et blanc, un pavage. Puis vient le tapis avec des motifs géométriques plus complexes. La toile représentée en est une autre plus élaborée. Toutes ces images renforcent par contraste le caractère illusionniste de la toile.

Jean-Léon Gérôme – Le marchand de tapis (1887) : le tapis devient le sujet du tableau. Il barre toute profondeur : il s’affiche vertical comme une barrière vers l’extérieur. Il n’y a rien derrière le tapis s’offrant telle une obstruction dans le visible. Ne serait-ce pas là une belle métaphore de la religion musulmane où l’image cache et ne dévoile pas l’au-delà ?

Mais regardons ce que le tapis devient dans l’art contemporain :

Antonio Santin réalise des peintures de tapis sous lesquels on a caché un corps.

Les matériaux insolites sont exploités pour faireL’artiste chinois d’art contemporain Xu Bing, a joué sur les deux couleurs des cigarettes, a créé un « tapis tigre »

Artspéculation propose un tapis de prières avec des cartons perdants de la Française des Jeux.

 

Faig Ahmed propose des tapis fabriqués dans des règles de l’art mais déstructurés et proches de la peinture contemporaine.

Zoulikha Bouabdellah dans silence interroge l’objet dans son rapport à la religion et aux femmes. « Tiraillée entre tradition et modernité, respect de la religion et fantasme d’occidentalisation, c’est dans cet entre-deux que se manifeste la capacité des femmes à s’inventer, à l’intérieur d’un cadre figé, des espaces de liberté.  »

Miguel Chevalier Magic Carpet Kaleidoscope, projection de lumières dans une église. Quand les vitraux rejoignent le sol.

« Pour la peintre Fatma Shanan, le tapis d’ornement tissé à la main, un ameublement courant dans les foyers druzes, est un symbole de famille, de tradition et de communauté.

« Ces tapis répondent à leurs propres règles, ils possèdent leur esthétique et leur passé à eux », explique Shanan dans un entretien récent organisé au musée. « Le tapis a toujours été indissociable de l’expérience du foyer et de la famille et il est traité avec une sorte de respect disproportionné. On ne peut pas marcher dessus, il ne doit pas être souillé. Les femmes s’en occupent obsessivement : : il faut le nettoyer, le secouer, le brosser ». (1)

D’autres tapis à venir …

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