Invitation à changer la dénomination des arts savants ou populaires dans nos programmes.

B.O. N°17 du 23 avril 2015[1], on peut y lire ce passage particulièrement important: « L’histoire des arts intègre autant que possible l’ensemble des expressions artistiques du passé et du présent, savantes et populaires, occidentales et extra-occidentales. Son enseignement s’appuie sur le patrimoine, tant local que national et international, en exploitant notamment les ressources numériques ».

Il est navrant de constater qu’aujourd’hui encore une hiérarchie soit définie aux sein des arts de la planète. N’est-il pas obsolète aujourd’hui ? Voici un trait d’humour : il y aurait donc des arts savants impopulaires, et des arts populaires totalement ignorants ? Comment peut-on véhiculer des concepts pareils dans la tête de nos élèves ?

Cette distinction existe depuis la nuit des temps. On parlait autrefois de l’art high and low, soit de l’art bas et de l’art haut. « Le concept de haut et de bas remonte aux idées du 18ème siècle sur les beaux-arts et l’artisanat. Les écrivains des années 1700 ont tracé une ligne de démarcation entre les travaux envisagés uniquement pour des raisons esthétiques (beaux-arts) et les travaux ayant une sorte d’utilité ou de fonction (artisanat). »(2)

Ces distinctions sont assez incongrues et dégradantes pour les artistes par exemple des autres contrées dans le monde.

Ce qu’implique la notion d’art savant c’est qu’il s’agit d’un art qui a ses propres principes, théories, analyses, concepts, et autres exégèses en tous genres de manière écrite.

Les arts populaires seraient liés à des traditions orales.

« L’art populaire regroupe l’ensemble des réalisations qui reflètent les traditions ou la culture d’un peuple ou d’un groupe social. Souvent il n’est pas élitiste c’est-à-dire qu’il est accessible à tous, incluant les gens n’ayant peu ou pas de connaissances dans le domaine artistique. Transmission orale L’artiste populaire est essentiellement autodidacte (2). Il n’a pas acquis ses connaissances dans un milieu académique, plus savant. L’art savant regroupe donc l’ensemble des réalisations (des œuvres) qui nécessitent d’avoir des connaissances étendues et approfondies lors de la création. Transmission écrite. » (3)

Cette définition ci-dessus n’est plus suffisante. Bachelard était un autodidacte et un grand savant.  Le grand architecte Frank Lloyd Wright a bien été au lycée, mais il semblerait qu’il n’ait pas obtenu son bac. ET il y en a d’autres.

Le critère de l’élitisme n’est pas également pertinent car par exemple en Polynésie, il n’est pas donné à tout le monde d’entrer dans les sphères artistiques. « En France, la méritocratie scolaire s’est imposée comme modèle de société. » (4)

Nous préférerons les arts tout simplement de transmission écrite et ceux de transmission orale. C’est le seul critère objectif et neutre pour distinguer les différentes formes artistiques sans créer de hiérarchie entre elles. Les arts océaniens (5) de tradition orale sont tout aussi complexes que les arts occidentaux.

[1] http://www.cndp.fr/portails-disciplinaires/fileadmin/user_upload/arts/histoire_des_arts/Histoire_des_arts_cycle_3_B.O._26.11.15.pdf

(2) https://www.therapidian.org/high-and-low-art

(3) https://www2.ac-lyon.fr/etab/colleges/col-69/faubert/IMG/pdf/1.generalites_art_populaire_-_art_savant.pdf

(4) http://onymiarisoa.com/40-celebrites-devenues-riches-sans-ecole-sans-diplome-et-sans-longues-etudes/

(5) dans son site Didier Zanette explique bien la complexité des arts océaniens. http://www.dz-galerie.com/portrait-didier-zanette/

 

Un commentaire

  1. Thierry

    « Nous préférons les arts (point). »
    Il en va de chacun (d’entre nous) d’avoir l’ouverture et le regard (bien) ouvert.
    Bel article.
    Thierry (de Bretagne)

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