Conseils pour les oraux du CRPE

Voici une série de conseils pour les oraux du CRPE :

Il est d’abord important de présenter le dossier avec un certain recul qui montrera votre capacité à remettre en question votre écrit. C’est ce qui revient souvent dans les rapports de jury.

Il est aussi apprécié lorsque vous fassiez des liens entre votre partie scientifique et votre séquence pédagogique. Vous devrez montrer que vous avez choisi cette option pour ses caractéristiques et non en fonction d’un thème donné. Vous devrez faire des allers-retours entre pratique et références artistiques que vous présenterez de manière sensible et en vous posant la question de ce que l’on peut en tirer comme enseignement. Pour le cycle 3, vous devrez faire des liens avec l’Histoire des Arts.

Dans la rencontre avec les œuvres artistiques, le passage du ressenti au réfléchi n’est pas décrit d’un point de vue pédagogique. Peu de candidats ne font référence à un outil de conservation des traces des découvertes et productions des élèves. Les ressources du site EDUSCOL sont peu exploitées ainsi que celles publiées dans La Réunion de’s Arts. Les partenaires sont souvent confus dans l’esprit des candidats comme la DAC, la DAAC, Frac et CLEA.

Dans la partie questions du jury, il est souhaitable de montrer sa capacité d’écoute et de prendre en considération les positions du jury.

Dans le cadre des oeuvre d’art, il faudra montrer le passage du senti au réfléchi et de montrer la pertinence de vos choix par rapport à l’âge des élèves. Comment les exploitez-vous ? Pour cela, aidez-vous des notions et demandez-vous quels liens elles établissent avec les références artistiques.

Les critères d’évaluation sont indispensables à préciser (lien avec les objectifs initiaux et les domaines du socle commun) ou d’auto-évaluation (la mesure de l’écart entre l’intention de l’élève et sa production artistique finale).

Il est nécessaire de définir un cadre précis lors de la présentation des références artistiques. L’activité de l’élève doit être décrite lors de la présentation de ces oeuvres. Ainsi, vous pouvez expliquer comment vous allez animer la mise en commun lors de ce temps de travail.

La mise en commun ne doit pas être un monologue de chaque élève exprimant ce qu’il a fait mais bien un échange constructif entre tous les élèves.

Vous pourrez également évoquer vos postures en faisant référence à Dominique Bucheton.

L’activité de l’élève n’est pas décrite lorsqu’il s’agit de parler d’une oeuvre artistique : décrire les couleurs, dire comment elles s’organisent par exemple, parler de la présentation, de la composition, interpréter, s’informer sur l’œuvre pour mieux l’expliquer.

La pratique du questionnement chez l’élève doit être prise en compte et il faut montrer comment vous opérez pour mettre les élèves dans une pratique réflexive.

La connaissance des grands mouvements artistiques doit être précise et maîtrisée par le candidat.

La présentation doit être claire et vous devez annoncer votre plan après une brève introduction. La conclusion est importante également en envisageant par exemple des prolongements ou ouvertures possibles. Le ton de la voix est primordial : ne soyez pas terne ni monocorde. Vous devez animer votre prestation en modulant votre voix. Il n’est pas interdit d’utiliser un bref temps de silence lorsque vous changez de partie.

Il faut être habité par une culture artistique authentique : il ne s’agit pas de tout maîtriser mais de montrer votre sensibilité lorsque vous présentez les références artistiques.

Les activités qui montrent une véritable problématique, un questionnement pédagogique feront la différence « avec une démarche de questionnement dans une articulation entre pratique et réflexion, sorte de va-et-vient entre « l’intérieur et l’extérieur ».

Il faut aussi tirer le meilleur parti des outils du numérique avec un usage intelligent dans la production ou la création plastique. Il faut se poser la question de la plus-value de l’utilisation du numérique dans votre séquence.

Il faut toujours vous poser la question des apprentissages des élèves : que vont-ils apprendre dans ma séquence ? Quelle est sa plus-value au niveau des enseignements ?

Préparer solidement son entretien, en se dotant de bons repères pédagogiques et didactiques et en étoffant sa culture artistique. Relier le choix d’une oeuvre  à des caractéristiques plastiques spécifiques. (Notions). Développer une démarche pédagogique privilégiant un aller-retour entre découverte des oeuvres et production. Lorsqu’on fait le choix d’un projet artistique, veiller à s’assurer de sa pertinence au regard des objectifs fixés, des compétences travaillées et des attendus de fin de cycle ; réunir les conditions de sa faisabilité (mise en œuvre). La démarche comparative est au cœur de la rencontre avec les œuvres : comparer des œuvres plastiques, d’un même artiste, d’une même époque ou d’époques plus lointaines, est essentiel pour la compréhension d’une œuvre ou d’un genre plastique et dans la construction de connaissances « vraies » (enrichissement culturel) et non encyclopédiques. Les rencontres avec les œuvres artistiques doivent être sensibles, instruites et réfléchies : passer de l’expression des émotions à la description (découverte d’éléments structurants), puis de la description (confrontation de ce que chacun entend) à l’interprétation (débat argumenté) et à la compréhension.

Pour ma part, je vous conseille de bien exposer vos gestes professionnels effectués dans la classe auprès de vos élèves et de ne pas réciter votre séquence sans dire ce que vous allez mettre en place en tant qu’enseignant. Vous n’entrez pas assez spécifiquement dans une réflexion autour de ce métier. N’oubliez pas que c’est un concours de recrutement d’enseignants et que vous devez montrer vos qualités pour exercer.

Enfin une réflexion sur l’enseignement spécifique des arts plastiques est souhaitable : quelles sont ses spécificités, ses modalités, ses enjeux, ses procédures. Réfléchir par exemple entre l’équilibre entre la liberté et la contrainte serait bienvenu. Se poser la question là-dessus montre votre capacité à interroger ce métier dont l’exercice est exigeant et bien encadré par les programmes et les documents d’accompagnement de ceux-ci.

Il est important également de se questionner sur l’impact des consignes chez les élèves. Comment vont-ils réagir ? Une consigne trop fermée aboutira à des travaux similaires alors qu’une consigne ouverte, un problème posé demandera une phase de réflexion afin de faire des choix.

Pourquoi décide-t-on de passer à un travail de groupe ? Pour quelles raisons préférons-nous un binôme pour une autre phase de travail. Pourquoi les faire travailler debout plutôt qu’assis ? Toutes ces questions montreront que vous n’avez pas seulement rédigé une fiche de séquence mais que vous vous êtes posés des questions sur votre pédagogie.

(Il n’y a pas de rapport de jury à La Réunion sur l’option arts plastiques. J’ai donc repris des arguments du rapport de musique)

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