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Le sommeil, la sieste dans l’art

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Pour commencer cet article sur le sommeil, il est nécessaire de bailler un peu. Le sommeil ne vient pas sans s’avertir par une ouverture incontrôlable de la bouche comme le montrent les trois oeuvres ci-dessous.

Franz-Xaver Messerschmidt, Homme qui baille, vers 1780, étain, on voit une dilatation extraordinaire du visage avec la langue à l’intérieur de la bouche grande ouverte. Le baillement est si fort qu’il réussit à « plisser » l’étain.

Ducreux se montrant baillant, il est l’heure de se coucher !

Sebastian Errazuriz toute une ville parcourue par les baillements de l’artiste.

Mais revenons au sommeil avec ces divinités grecques et romaines

Hypnos et sa mère Nyx: Dans la mythologie grecque, Hypnos (en grec ancien Ὕπνος) est le dieu du sommeil, connu chez les Romains sous le nom de Somnus. Il est le fils de Nyx et le frère jumeau de Thanatos, la personnification de la Mort. Il est aussi le père de Morphée.

Morphée et Iris, Pierre-Narcisse Guérin (Huile sur toile, 1811)

Nuit et Sommeil par Evelyn de MORGAN

La Lune rend visite à Endymion, de Trevisani

Dans la mythologie grecque, Endymion (en grec ancien Ἐνδυμίων / Endymíôn) est un roi d’Élide (ou un simple berger selon d’autres versions), amant de Séléné, déesse de la Lune, ou d’Artémis, avec laquelle Séléné est souvent confondue à partir du ve siècle av. J.-C.  Selon une version minoritaire, Endymion est élevé par Zeus dans l’Olympe, où il s’éprend d’Héra. Furieux, le roi des dieux le jette dans les Enfers, ou encore le punit par un sommeil sans fin.

Il y a un autre célèbre sommeil éternel dans l’histoire chrétienne, celui de la Vierge représenté de nombreuses fois en peinture.

Le terme Dormition (du latin : dormitio, « sommeil, sommeil éternel, mort » ; grec ancien : κοίμησις, koímêsis), est utilisé, dans le vocabulaire chrétien, pour désigner la mort des saints et des pieux fidèles quand ce n’est pas une mort violente.

Hugo van der Goes, Dormition, ce tableau est original car il montre le lit en perspective ainsi que le corps de Marie.

La prière au jardin des Oliviers est un autre passage de la Bible remarquable pour sa scène de sommeil.

Duccio, c’est l’occasion de montrer l’homme dans diverses postures.

Mantegna, réalise des raccourcis (personnages en perspective)

Bellini,

Pérugin,

 

Le songe d’Ursule – Carpaccio Vittore

Samson et Dalila,

Samson l’Israélite aime Dalila dans la vallée de Sorek. Les princes des Philistins, ennemis d’Israël, proposent à Dalila chacun mille et centsicles d’argent si elle découvre le secret de la grande force de Samson Elle essaie par trois fois de lui soutirer ce secret mais à chaque fois, Samson lui ment. Lorsque Dalila lui demande pour la quatrième fois de partager avec elle son secret, Samson s’impatiente et cède en lui révèlant que sa force vient de sa chevelure de nazir car il est consacré et dévoué à Dieu.

Dalila le trahit alors. Elle envoie chercher les princes philistins pour leur annoncer qu’elle connaît le secret de la force de Samson. Ils lui versent l’argent promis. Dalila endort Samson sur ses genoux et lui coupe ses sept tresses. Samson perd sa force et le secours de Dieu.

Rubens,

Van Dyck,

Philippe de Champaigne, Le songe de Saint Joseph, 1642-43, National Gallery Londres,

Philippe de Champaigne, Le sommeil d’Elie, vers 1656, musée de Tessé Le Mans

Charles Le Brun Le sommeil de l’Enfant Jésus, 1655, Louvre, qui s’est inspiré du tableau du Dominiquin

Le Dominiquin, La Vierge avec l’Enfant Jésus et Saint Jean-Baptiste, vers 1605, Louvre,

Denis Foyatier( 1793-1863 ), La sieste, 1848, musée du Louvre

Le sommeil peut être agité comme le montrent ces deux peintures de Füssli.

«The Nightmare», Huile sur toile de Johann Heinrich Füssli, 1781

«Le cauchemar», peinture de Johann Heinrich Füssli, 1790-1791

 

Courbet, Les demoiselles du bord de Seine,

Pierre Carrier-Belleuse peint un couple endormi dans un compartiment de train.

Sorolla, représente l’abandon dans le sommeil avec des corps tapis dans l’ombre, qui semblent comme épouser la pelouse parfaitement.

Millet,

Vincent Van Gogh

Paul Gauguin, La sieste, ca. 1892-1894, huile sur toile, Metropolitan Museum of Art. Informé par l’observation personnelle, une probable lecture des onirologues français et un intérêt pour l’ethnologie européenne aussi bien qu’océanienne, Paul Gauguin accorde au rêve une place centrale dans son œuvre et sa réflexion.

Pablo Picasso,

Prise sans trucage, cette photo date de 1932 prise au 69ème étage du GE (General Electric) Building situé dans le rockfeller center de New York. Ce building qui compte 70 étages fut inauguré en 1933…
Lors de la pause déjeuner, ces 11 ouvriers se sont laissés prendre au jeu du photographe Charles C. Ebbets
La photo représente onze ouvriers assis sur une poutre  qui pend à près de 100 de mètres au-dessus du sol, sans la  moindre sécurité. L’image, prise le 29 septembre, paraît dans le New York Herald Tribune.

Jean Le Gac, Sieste

«Vénus endormie» (1944), tableau de Paul Delvaux

Henri Rousseau, «Le Rêve», 1910. Huile sur toile 204,5 x 298,5 cm

Marcel Duchamp dans Anemic Cinema semble vouloir nous hypnotiser.

 

Dennis Oppenheim expérience de bronzage

Ron Mueck, on entendrait presque cette tête dormir d’un profond sommeil.

Georges Rousse, Rêve

Claude Lévêque

Spring Hurlbut, Le Jardin du sommeil, 1998

« After the dream » voilà le titre de cette oeuvre de Chiharu Shiota. Lorsque l’on rentre, on peut y voir cinq robes blanches emprisonnées dans un fil noir tissé comme une toile d’araignée. Il se dégage de cette œuvre douceur et mélancolie, mais aussi une sourde violence qui fait passer de l’enchantement à l’angoisse, du rêve au cauchemar.

Ulf Langheinrich dans No Land IV réalise une oeuvre hypnotique: il vaut mieux être couché pour voir cette oeuvre.

Philippe Turc, Sieste, l’homme dort si profondément qu’il est devenu un assemblage fait de feuilles et de papillons.

 

Ursula Kraft, Nymphalis antiopa (2007-2008), nom latin du papillon appelé aussi « manteau royal », montre une fillette, telle une sylphide entourée et survolée de papillons aux ailes bordées de noir. Ceux-ci recouvrent le corps nu étendu et exposé de l’enfant endormie ou perdue dans ses rêves. Seuls ces insectes bougent. Le corps de la petite fille n’est mu que par le souffle imperceptible de sa respiration, sans le moindre battement de cils. Des deux sphères de vie émanent une impression de délicatesse et de fragilité. Le contraste entre la peau de la jeune fille et les ailes de papillon accentue l’effet de légèreté et de fragilité. Le mélange des papillons avec la jeune fille endormie peut faire penser à un songe plaisant mais également à un rêve effrayant.

Maintenant, « Il est l’or. Monseignor « , la scène culte du Malade Imaginaire avec De Funès et Yves Montand:

 

mais regardons aussi l’oeuvre de Pierrick Sorin, oeuvre drôle et comique.

Les réveils de Pierrick Sorin

Peut-être verrez-vous dans votre sommeil le Dodo réunionnais, cet oiseau qui a disparu de l’île. L’étymologie du mot dodo n’est pas claire. Il pourrait être issu du néerlandais dodars ou dodoors, qui signifie « paresseux ».

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