Les postures de l’enseignant, Dominique Bucheton

Les postures définitions

Les postures enseignantes d'après Dominique Bucheton

LES POSTURES, manières langagières et cognitives de s'emparer d'une tâche

La posture adoptée par l’enseignant face à sa classe va avoir une grande influence sur l’apprentissage des élèves. En fonction des obstacles et des difficultés qui se présentent tant du point de vue des élèves que des savoirs, l’enseignant s’en empare de façon différente. L’enseignant, mais également les élèves, modifient leur posture pendant le cours S’il est contre-productif de séparer didactique et pédagogie, de séparer l’appropriation des savoirs de leurs contextes d’apprentissage, considérer les élèves et les maîtres simplement comme des sujets épistémiques, des sujets déréalisés, ne facilite pas la compréhension de la diversité des obstacles que posent les apprentissages.

Définitions de posture :  Attitude, position du corps, volontaire ou non, qui se remarque, soit par ce qu'elle a d'inhabituel, ou de peu naturel, de particulier à une personne ou à un groupe, soit par la volonté de l'exprimer avec insistance

Dominique Bucheton

  • contrôle
  • accompagnement
  • lâcher-prise
  • sur-étayage
  • enseignement

Posture d'étayage

Les « postures d’étayage » permettent de rendre compte de la diversité des conduites de l’activité des élèves par les maîtres pendant la classe :

Définition d'étayage : Bruner s’intéresse à la façon dont les adultes « organisent le monde pour l’enfant dans le but d’assurer sa réussite dans l’apprentissage des concepts ». • L’interaction sociale est nécessaire c’est-à-dire l’interaction interpersonnelle entre l’enfant et l’adulte dans le contexte de la culture. • Bruner parle d’interaction de tutelle L’adulte prend en charge les éléments de la tâche que l’enfant, l’élève ne peut réaliser seul.Le concept d’étayage est lié au concept de ZPD. La zone proximale de développement « est la distance entre le niveau de développement actuel tel qu’on peut le déterminer à travers la façon dont l’enfant résout des problèmes seul et le niveau de développement potentiel tel qu’on peut le déterminer à travers la façon dont l’enfant résout des problèmes lorsqu’il est assisté par l’adulte ou collabore avec d’autres enfants plus avancés ». Nous avons repris à Bruner, ce concept d’étayage pour désigner toutes les formes d’aide que le maître s’efforce d’apporter aux élèves pour les aider à faire, à penser, à comprendre, à apprendre et à se développer sur tous les plans. La métaphore de Bruner « scafolding » montre bien toute l’ambiguïté de cette relation d’aide. Indispensable, mais aussi vouée à disparaître.

 

Posture de contrôle

  • Une posture de contrôle : elle vise à mettre en place un certain cadrage de la situation : par un pilotage serré de l’avancée des tâches, l’enseignant cherche à faire avancer tout le groupe en synchronie.

La leçon d’anatomie du docteur Nicolaes Tulp
1632
huile sur toile, 169,5 × 216,5 cm
La Haye, Cabinet Royal de Peintures Mauritshuis

posture d'accompagnement

  • Une posture d’accompagnement : le maître apporte, de manière latérale, une aide ponctuelle, en partie individuelle en partie collective, en fonction de l’avancée de la tâche et des obstacles à surmonter.

posture de lâcher-prise

  • Une posture de lâcher-prise : l’enseignant assigne aux élèves la responsabilité de leur travail et l’autorisation à expérimenter les chemins qu’ils choisissent. Cette posture est ressentie par les élèves comme un gage de confiance. Les tâches données sont telles qu’ils peuvent aisé- ment les résoudre seuls ; les savoirs sont instrumentaux et ne sont pas verbalisés ;

Robert Doisneau

posture de sur-étayage ou contre-étayage

  • Une posture de sur-étayage ou contre-étayage : variante de la posture de contrôle, le maître pour avancer plus vite, si la nécessité s’impose, peut aller jusqu’à faire à la place de l’élève.

posture d’enseignement 

  • Une posture d’enseignement : l’enseignant formule, structure les savoirs, les normes, en fait éventuellement la démonstration. Il en est le garant. Il fait alors ce que l’élève ne peut pas encore faire tout seul. Ses apports sont ponctuels et surviennent à des moments spécifiques mais aussi lorsque l’opportunité le demande.

posture dite du « magicien »

  • Une posture dite du « magicien » : par des jeux, des gestes théâtraux, des récits frappants, l’enseignant capte momentanément l’attention des élèves. Le savoir n’est ni nommé, ni construit, il est à deviner.

Robert Doisneau

posture du maïeuticien

C'est une catégorie que j'ajouterais à celles définies par Dominique Bucheton.

Définition de maïeutique : La maïeutique, du grec ancien μαιευτική, par analogie avec le personnage de la mythologie grecque Maïa, qui veillait aux accouchements, est une technique qui consiste à bien interroger une personne pour lui faire exprimer (accoucher) des connaissances. La maïeutique consiste à faire accoucher les esprits de leurs connaissances. Elle est destinée à faire exprimer un savoir caché en soi.

En cours d'arts plastiques, lors des mises en commun c'est bien la posture du maïeuticien qui permettra aux élèves d'accoucher leur pensée et de les mettre en forme.

tableau comparatif

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