La balançoire dans l’art

La balançoire dans l’art est un thème récurrent. En effet, cet objet permet d’audacieuses compositions car il est très graphique et permet d’explorer de nouveaux points de vue. Installée dans un paysage, la balançoire ajoute des éléments graphiques qui souvent sont à l’origine de la composition du tableau. Les cordes de la balançoire définissent des axes soit obliques ou verticaux exploités par les artistes.

Krishna-enfant : les épisodes de son enfance dans la forêt de Vrindavan sont un thème central des discours dévotionnels en Inde et sont censés contenir de grands mystères ésotériques. Il existe un grand nombre de représentations de Krishna sur la balançoire.

Krishna enfant sur une balançoire, Râgmâlâ-Serie, 1755. British Museum.

 

Dans le tableau de Fragonard, le jeu devient l’occasion de réfléchir sur la notion de point de vue. Que voit le jeune homme de la place qu’il occupe ? Fragonard joue avec les angles de vue de manière magistrale. La jeune fille dans son élan insouciante révèle le dessous de ses jupons au jeune homme.

Les hasards heureux de l’escarpolette, Wallace Collection, Fragonard, entre 1767 et 1769

Comme dans la peinture de Fragonard, la balançoire est un prétexte à la badinerie, les hommes poussant les jeunes femmes dans les airs.


Jean Baptiste Pater The Swing, XVIIIème, La balançoire

La touche dans cette peinture nous fait voir différemment celle de Fragonard. Elle virevolte et caracole dans les airs. Les couleurs se balancent sur la toile.

Marie Abrahams ROSALBIN DE BUNCEY (1852-1876)  La balançoire  Huile sur toile, format tondo

John Reinhard Weguelin – La balançoire (1893)

Whiting and Joseph Griswold par Joseph Goodhue Chandler (1813-1884),

Dans la peinture de Whistler, la robe paraît bien pesante par rapport à la balançoire. La couleur marron de son tissu accentue cet effet de lourdeur.

Whistler, James Abbott McNeill (b,1834)- Woman on Swing

Henri Lebasque représente la légèreté de la balançoire dans un paysage coloré et vibrant.

La balançoire de Henri Lebasque (1865-1937, France)

Dans ce tableau de Renoir, le jeu subtil des complémentaires est impressionnant. Le jaune côtoie le violet dans cette scène où se joue des négociations entre la jeune femme et les deux hommes. Elle rougit et semble hésiter à monter sur la balançoire. La petite fille est-elle la sienne ? L’homme caché derrière le tronc d’arbre fixe le spectateur : est-ce une invitation à venir se balancer ?

La Balançoire Auguste Renoir (1841-1919), 1876, Musée d’Orsay

La chute est imminente dans l’image de Beth Conklin. L’oiseau seulement pourra y échapper. La balançoire donne l’illusion du vol que seul l’animal sait gérer.

Digital art by Beth Conklin

Banksy change la fonction du parc à voiture en graffant une jeune fille à la balançoire et en effaçant la fin du mot parking.

Banksy, jeune fille à la balançoire. Los Angeles

JPS Ce pochoir est visible au dessus de Bristol Fine Art, un magasin de fournitures d’art. La référence à Banksy dans ses procédés est évidente.

C215, Christian Guémy, sreet artiste français, en réponse à Banksy. Imaginons douze personnes se balançant ensemble. Ici se joue la communion du public autour de ce jeu.

Installation SWINGS by P. Malouin – all photos by Caesarstone via Design Milk

Zimoun installe balançoires en bois motorisées à l’intérieur d’une église autrichienne. Assisterait-on à une magistrale pesée des âmes dans cette installation  ?

Le jeu devient affaire sensible dans l’installation de Mona Hatoum(2). Le va et vient des populations est mis en scène par les balançoires.

Mona Hatoum, Suspended, 2011. Image courtesy of H. Glendinning  Sur chaque balançoire est gravé le plan d’une ville d’où les habitants de la ville de Vitry sont originaires.

OLia Lialina en 2013 propose une oeuvre Summer constituée de 25 images se suivant d’une jeune femme se balançant. Chaque image est postée par un site dans les quatre coins du monde. Regardez la barre d’adresse en haut de votre navigateur, vous verrez la succession des adresses des hébergeurs de ces images. « Elle emprunte donc des câbles sous-marins comme des flux satellites. Il n’y a par conséquent pas plus planétaire que cette animation dont la légèreté, pour ne pas dire l’apesanteur, va à l’encontre de la puissance comme de la complexité des technologies mises en place.  » (1)

Cliquez sur ce lien pour voir l’animation: puis cliquez sur « Eté » en haut à gauche de la page.

http://art.teleportacia.org/olia/summer/terms.html

(1)https://www.mediaartdesign.net/FR_bas14.html

(2) Merci à Marie Lavin qui m’a fait connaître cette installation.

Davantage de thématiques ici :

Les constituants dans les arts plastiques

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