Manuel Martinez, plans et volumes

Manuel Martinez est un peintre à la solide personnalité qui propose des peintures où cohabitent harmonieusement la figuration réaliste avec la planéité de la peinture. Des motifs graphiques viennent perturber l’espace illusionniste. Une touche vibrante côtoie des aplats de couleurs. Des lignes bien dessinées viennent encadrer l’espace de la représentation.

My beautiful Wifi

Dans Controverse, silhouette graphique et personnage réaliste se livrent à un corps à corps tendu.

La figure plane est en relief : en effet la jambe gauche de celle-ci passe par devant le personnage représenté de manière réaliste avec ses ombres et ses modelés.

Dans Narcisse, la pratique du selfie est mise en scène par l’artiste.

Dans Ne vous déplaise , l’artiste mélange des lignes graphiques en noir et blanc avec le modelé du corps.

Martinez a trouvé sa solution harmonieuse pour métisser des systèmes de représentation hétérogènes. La cohérence plastique est atteinte avec ces deux mondes se partageant l’espace du tableau.

Dans La Gabaldina, la référence à Pablo Picasso et Fernand Léger est évidente.

Tirons les rideaux

Purr

Ce qui fait la force de ces peintures c’est l’intrication des plans. Les parties graphiques passent de l’arrière-plan au premier dans des compositions savantes. Le contraste entre les deux systèmes de représentation est à son paroxysme. Les contrastes de couleur renforcent cela.

La note bleue

Vieilles dentelles

Fin prêts

Dans borderline, les deux systèmes volent en éclat.

La relation des figures au format du support est également un axe de réflexion mené par l’artiste. L’espace est peu profond et sa profondeur est donné par l’intrication des figures.

Que représentent le graphisme et la peinture pour vous ?
Je me suis d’abord intéressé au dessin avant de découvrir la peinture. Mes premiers
tableaux étaient très graphiques mais je n’ai jamais dissocié dessin et couleur. Les deux
contribuent au même titre de l’image finale.
Les parties traitées de façon réaliste ne sont qu’un élément de plus qui s’est récemment
rajouté au vocabulaire qui constituait mon écriture.
Chaque nouvel élément qui vient se rajouter est, soit accepté par le tableau, soit rejeté.
S’il est accepté cela donne un nouvel élan à mon travail et une nouvelle piste à explorer
J’avance ainsi, à tâtons dans l’obscurité, de tableau en tableau.

Comment arrivez-vous à mettre en scène les deux ?
J’ai toujours travaillé en mettant en confrontation des choses opposées et ce, depuis le
début. Par exemple, dans mes tableaux plus anciens, une masse noire vient souvent
s’opposer à une masse blanche. A une surface de telle couleur primaire, une autre surface
vient répondre à celle-ci avec la complémentaire. A un aplat vient répondre un modelé. De
la même façon, dans mes peintures plus récentes, à quelque chose de très graphique vient
répondre quelque chose de très réaliste.
Poser le chaos sur la toile en introduisant des choses contraires sur une surface vide et
harmonieuse. Ensuite, tout faire pour l’équilibrer. Ce procédé crée des chocs visuels qui
donnent de la puissance au tableau même une fois l’harmonie retrouvée.
A un certain moment, indépendamment de ce que l’image raconte, le tableau devient
comme une immense équation avec plein d’inconnues que je dois solutionner.

Quelle est votre relation à l’oeuvre de PIcasso ?

Ma peinture s’est nourrie de toutes les images que j’ai aimées et bien sûr, celles de Picasso en font partie.

Nous sommes nés tous les deux dans le même sud andalou. Il y a un esprit espagnol dans toute son œuvre.

Loin de moi l’idée de me comparer à lui, mais force est de constater que cet esprit latin, je le ressents fortement aussi chez moi.

Je comprends sa sensibilité, sa façon d’appréhender l’acte de peindre ainsi que son obsédante boulimie de remplir, de laisser sa trace.

« Donnez moi un musée et je le remplirai » J’aime bien cette phrase de lui ( sourire)

Belle trouvaille. Un artiste à suivre …

2 commentaires

Laisser un commentaire