la coulure dans l’art

La coulure a été un motif récurrent dans la peinture. Les coulures de sang ont pendant la renaissance maculé les représentations des Saints. Discrètes ou plus marquées, elles font tache dans la peinture. Deux systèmes de représentation cohabitent dans ces mises en scène de martyr.

Dans cette peinture de Tintoret, deux coulures apparaissent de sang et d’eau surgissant de la plaie du Christ.

La plaie est presque au centre du tableau avec la lumière qui vient frapper sur elle. Toute la composition semble tourner autour.

Cranach lui aussi de manière encore plus spectaculaire, met en scène la coulure comme stigmate paroxystique de la souffrance du Christ.

Un jet de sang coupe la représentation en deux registres : l’un divin et l’autre terrestre.

Le Caravage dans Judith décapitant Holopherne représente une coulure jaillissant du cou de la victime.

Plus tard, Vermeer dans La Dentellière, transpose dans la réalité concrète la coulure dans sa peinture. Le fil informe non encore ouvragé est représenté par de vraies coulures sur le tableau.

Vermeer montre la genèse de l’image : du geste informe (la coulure) à la tache picturale plus travaillée répondant aux règles de l’imitation. La coulure se fait chair dans le tableau.

La coulure au XXème siècle s’empare de la totalité de la toile. Elle ne s’affiche que pour exprimer ses traces. Magistrale dans les toiles de Twombly, la coulure s’empare de l’espace de la toile.

Chez Brice Marden, la coulure est maîtrisée pour devenir un motif à part entière.

Morris Louis compose ses toiles avec des coulures, seul sujet du tableau.

Enfin, le roi de la coulure avec sa technique du dripping, Jackson Pollock qui fait de la coulure le moteur esthétique de ses toiles. La coulure est énergie pure. Compulsive, elle envahit la totalité de la surface de la toile. Elle est monumentale.

La coulure montre l’histoire de l’émancipation du geste pictural se libérant du carcan de la représentation illusionniste. Dans les peintures du passé, la coulure rappelle l’origine liquide du médium pictural. Au XXème siècle, c’est la nature de la peinture elle-même qui est magnifiée par les peintres qui tentent d’en montrer la nature expressive.

Mais on pourrait très bien faire la différence entre une coulure projetée sur un espace vertical et une autre déposée sur un plan horizontal. Est-ce la même chose ?

Maintenant que nous avons fait la distinction entre coulure verticale ou horizontale, il serait intéressant d’en dégager les différents principes et incidences dans le monde du visible. Ce sera l’objet d’un article ultérieur.

2 commentaires

  1. existenceartistique49

    auparavant,on faisait plus attention à la douleur donc il y avait cette coulure de sang qui était mis en valeur,et depuis on joue plus sur le graphisme dans l’abstraction afin de donner plus de joie et gaité avec ces couleurs aussi…on veut effacer cette douleur dans notre poitrine et on veut faire battre notre coeur avec plus de palpitations qui nous rendent bien et nous font de bien…

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