Le contraste dans l’art

« Le contraste c’est ce qui se passe quand deux choses de même nature mais très différentes sont à côté l’une de l’autre. » Le contraste est un moyen plastique existant pour attirer l’attention sur une partie de l’oeuvre. Il permet de focaliser l’attention et, en quelques sortes, met en scène deux facteurs qui se télescopent. En peinture, l’utilisation des contrastes est monnaie courante. Mais qu’en est-il des autres formes plastiques ? Le contraste peut-il se manifester dans la sculpture et pourquoi pas l’architecture ? Mais alors, que vont opposer les artistes ? Bien des mots on leur contraire dans la langue française … Qu’en est-il en arts plastiques ?

Nous allons dans un premier temps faire une sorte d’inventaire des contrastes existant en peinture puis nous élargirons notre article aux autres formes artistiques et notamment à l’art contemporain.

Le mot contraste vient de « contestation, discussion ». Il est emprunté à l’italien « contrasto », c’est un nom formé à partir du radical du verbe « contrastare » (contraster). En français contrest « contestation, querelle », c’est un nom formé à partir du radical du verbe « contrester » qui signifie « résister », aussi « contester » (contraste). (2)

Les contrastes en peinture.

Le contraste de couleur en soi :

Les trois couleurs primaires sont nécessaires pour un effet multicolore. Plus les couleurs vont s’éloigner des primaires, moins le contraste sera saisissant.

Piet Mondrian, composition avec bleu, rouge, jaune

Le contraste de clair-obscur :

L’écart entre les valeurs claires et sombres doit être important. Plus il le sera, plus le contraste sera saisissant.

Malévitch, Carré noir sur fond blanc, 1915

Le contraste de chaud-froid :

Les couleurs chaudes sont le rouge, le jaune et les orangés. Les couleurs froides sont le bleu et le vert. On parle de contraste chaud-froid quand ces types de couleurs sont voisines.

Van Gogh, La chambre de Van Gogh à Arles, octobre 1988

Le contraste de complémentaires :

Le jeu des complémentaires est très utilisé en peinture. C’est lorsque le jaune côtoie le violet, le bleu le orange, le rouge le vert. Les couleurs se réfléchissent entre elles.

Franz Marc, Le grand cheval bleu

Le contraste simultané :

La loi du contraste simultané des couleurs est une caractéristique de la perception humaine des couleurs énoncée en 1839 par le chimiste Michel-Eugène Chevreul :

Le ton de deux plages de couleur paraît plus différent lorsqu’on les observe juxtaposées que lorsqu’on les observe séparément, sur un fond neutre commun.

Les plages doivent être d’une dimension suffisante pour qu’on les perçoive dans leur étendue, et ne pas occuper une part trop importante de l’espace visuel.

Si les plages diffèrent par la luminosité, la juxtaposition augmente la perception de la différence de luminosité ; si les plages diffèrent par la teinte, la différence de teinte est magnifiée. Les deux effets peuvent se produire simultanément.

Le bleu paraît plus foncé sur le carré vert et plus clair sur le rouge. Pourtant c’est la même couleur.

Le contraste de quantité :

C’est la manifestation d’une opposition de grandeur entre les surfaces occupées de deux couleurs.

Nuit étoilée, Vincent Van Gogh, 1889

Il existe d’autres contrastes en peinture :

Le contraste de facture : c’est lorsque le peintre n’utilise pas la même méthode pour peindre dans son tableau.

Par exemple, dans Marat assassiné, de David, 1793, la facture n’est pas la même dans l’arrière plan que dans la scène se situant au premier plan: le fond est réalisé avec de petites touches de peintures tandis que la scène est lisse et nette. L’opposition de ces deux factures renforce le côté illusionniste de la scène.

On retrouve ce même contraste en sculpture notamment chez Rodin qui laisse la pierre brute apparaître.

« Le Baiser » (1881-1882), marbre d’Auguste Rodin, raconte la liaison adultère entre Paolo et Francesca dans « la Divine Comédie ».

Le contraste solide/fragile :

Giovanni Anselmo, Sans Titre, granit, laitue, fil de cuivre. Lorsque la laitue fane, la pierre tombe. (Contraste aussi Minéral/ Végétal)

Michèle Mckinney, métal tissé, les matériaux sont solides et leur apparence rendue fragile.

Claire Morgan, dans cette installation oppose la figure pérenne du bateau (le grand) avec les petits bateaux faits en papier.

Le contraste de style ancien/contemporain en architecture :

Vieux et moderne bâtiment ville de Santiago de Chile – de Valparaiso – – Amérique, de Marcelo Ois Lagarde, 2009

Contraste de formes : courbes/droites

Anish Kapoor, Cloud Gate

Contraste de matières : rugueux/lisse Brillant/mat

« La larme »
Zurab Tsereteli – 2006

Contraste opaque/transparent : Marcel Duchamp, Le Grand verre

On peut trouver bien d’autres contrastes dans l’art : fin/épais, lourd/léger, mat/brillant, flou/net, opaque/transparent, lisse/texturé, doux/piquant, minéral/organique, plein/vide, mou/dur, homogène/hétérogène, littéral/suggéré, polychrome/monochrome, pérenne/éphémère, statique/mobile, symétrique/asymétrique, etc

(1) Johannes ITTEN, théoricien de la peinture et des couleurs

(2) https://www.pedagogie.ac-nice.fr/dsden06/eac/wp-content/uploads/sites/5/2018/02/dossierfape.compressed.pdf

Ce document par l’Académie de Nice propose d’autres contrastes …

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